Etude sur l'histoire d'Annecy-le-Vieux

... à celles et à ceux qui ont animé ce terroir depuis cinquante siècles
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Avant-propos
Une gageure ?
1 - La terre et les hommes
1.1 - Formation et caractéristiques du sol
1.2 - Incidence sur les activités humaines
1.3 - Annecy-le-Vieux et le Fier
1.4 - Annecy-le-Vieux et le lac
1.5 - Histoires contes : légende de la Mavéria
1.6 - Le blason et les ancileviens
2 - De la préhistoire à la naissance d'ALV
3 - La paroisse et ses édifices religieux
4 - Un moyen-âge obscur et difficile
5 - 17e et 18e siècle
6 - La Révolution et l'Empire
7 - La Restauration Sarde
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1.1 - Formation et caractéristiques du sol
 
L’histoire du sol d’Annecy-le-Vieux débute il y a cent quarante millions d’années. Une mer recouvre la région. Des calcaires, constitués de coquillages microscopiques et des grès se forment au fond de l’eau. Cent millions d’années plus tard, les Alpes Orientales commencent à émerger, les alluvions qui en proviennent recouvrent de grès tendres (molasse) les terrains plus anciens.

Puis la région commence à se plisser, tandis que la formation des Alpes se poursuit. Les plissements s’accompagnent localement de failles. Ce lent travail se poursuit pendant des millions d’années.

Enfin, des périodes glaciaires, dont la dernière remonte à quelque douze mille ans, vont contribuer à façonner les reliefs. Ces glaciers qui pouvaient atteindre l’altitude de 900m, soit 400m au-dessus du niveau actuel du lac, vont marquer profondément le paysage.

Lors de leur retrait, ils laissent sur la molasse un tapis de muraines, truffées de blocs erratiques, roulés et polis par le frottement, venant parfois de très loin. Le lac s’est formé dans une cuvette naturelle ; il atteint l’altitude de 500m, soit 35m au-dessus de son niveau actuel ; avec une superficie double de celle d’aujourd’hui, il s’étendait jusqu’à la Balme de Sillingy.

Le percement de la cluse de Dingy, libérant les eaux d’un autre lac qui occupait la région d’Alex, a créé en aval un cône d’alluvions en pente douce, étalé entre les Iles et la plaine des Fins.
Le lac, barré par ces alluvions, a pris son aspect actuel. Seules les variations de climat, de l’an 4000 à l’an 1000 avant notre ère ont fait descendre et monter son niveau de quelque mètres, dégageant plus ou moins ses rives.

Cette histoire géologique a laissé clairement sa trace dans le relief et les sols d’Annecy-le-Vieux, que l’on peut diviser en quatre sous-ensembles, du plus ancien au plus récent : la montagne, les coteaux, le plateau et la plaine.
 
 
 
 
 
 
La montagne (Mont Rampon et Mont Rampignon) a conservé l’aspect qu’elle avait à l’issue du plissement : ce pli, régulier et faillé, a été couché vers le nord-ouest sous la poussée du plissement alpin. Il est fait de calcaire urgonien, d’une épaisseur de plus de cent mètres et de teinte blanc-grisâtre. Ce même calcaire constitue les belles falaises du Parmelan et la montagne de la Balme.

Plus précisément, le pli se dédouble, d’où son allure en « bosses de chameau ». Entre les deux bosses se trouve un « val », le Pré-Vernet, accidenté par une faille qui se prolonge jusqu’au rocher du Talabar.

Le calcaire urgonien est dur mais perméable. L’eau s’y infiltre en dissolvant la roche. Quand l’érosion se développe, elle crée des curiosités naturelles : la roche Mavéria au bord du lac, un « abri sous roches » au-dessus des Barattes (grotte de l’Ermite ou des Aigles), enfin une résurgence : la grotte de la Taupe, qui donne accès à un étroit boyau, long de 120m et encombré de flaques d’eau.

Les coteaux sont faits de molasse, qui constitue l’essentiel du soubassement d’Annecy-le-Vieux. Sur les pentes, l’érosion a emporté la moraine de surface. La molasse se présente sous la forme de grès tendre (gris verdâtre, parfois rougeâtre), qui affleure au long des talus. Friable en surface, elle se désagrège en sable.

Sur le plateau, la molasse est recouverte d’un tapis de moraine argileuse avec çà et là de gros blocs glaciaires. Cette moraine occupe la surface comprise entre le Petit-Brogny, Sur les Bois et les Glaisins (dont le nom évoque une terre argileuse humide).

Dans la plaine, molasse et moraine sont recouvertes au nord par les alluvions du Fier, qui atteignent une cinquantaine de mètres d’épaisseur au Pont de Brogny, et au sud par les alluvions crayeuses du lac d’Annecy.

La hauteur moyenne des précipitations est d’un mètre vingt-cinq. La commune, bien arrosée et entourée d’eau le long des deux tiers de ses limites, est cependant mal irriguée et mal drainée. Les marais d’Albigny et du Bulloz ont tenu longtemps une place importante.

Les tracés en baïonnette des ruisseaux du Colovry et de la Pesse permettent de faire l’hypothèse de l’existence ancienne d’un unique affluent du lac aboutissant à la pointe d’Albigny, dont la forme deltaïque est accusée ; la photographie aérienne montre que ce delta se prolonge sous les eaux. Les ruisseaux du Colovry et de la Pesse auraient pu être séparés et refoulés vers l’est par l’entassement de leurs propres alluvions.

Les autres cours d’eau sont d’importance minime : le ruisseau du Barait (qui marque la limite avec Alex) et deux petits affluents du Fier. Dans la montagne, le nant Berthelet est à sec l’été et le nant Bouat n’a qu’un débit très faible. Au bois des Glaisins, le nant des Fieux.

Après une forte pluie, un torrent boueux dévalant la colline venait inonder le cimetière et l’église Saint-Laurent. En 1714, Mgr Rossillon de Bernex intime à un paroissien de démolir un « aqueduc » qu’il avait construit pour déverser les eaux de son terrain dans le cimetière. A la fin du 18ème siècle, les habitants avaient donné à ce torrent boueux le curieux nom de Millierde.