Etude sur l'histoire d'Annecy-le-Vieux

... à celles et à ceux qui ont animé ce terroir depuis cinquante siècles
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Avant-propos
Une gageure ?
1 - La terre et les hommes
2 - De la préhistoire à la naissance d'ALV
3 - La paroisse et ses édifices religieux
4 - Un moyen-âge obscur et difficile
5 - 17e et 18e siècle
6 - La Révolution et l'Empire
6.1 - Les échos des troubles de 1793
6.2 - Etat d'esprit dans la commune
6.3 - Questions religieuses
6.4 - La vente des biens nationaux
6.5 - Le poids des guerres
6.6 - La population au début du 19ème
6.7 - La situation économique et sociale
6.8 - L'affaire d'Annecy-le-Vieux
7 - La Restauration Sarde
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6.8 - L’affaire d’Annecy-le-Vieux (1814-1815)

Les rancœurs accumulées depuis vingt-deux ans vont en quelque sorte exploser à l’occasion d’un événement dont l’écho dépassera les limites de la commune.

L’affaire débute en juillet 1814. L’Empire a cédé la place à la Première Restauration. Le traité de Paris (30 mars) a bizarrement découpé la Savoie entre la France et le Royaume Sarde : la région d’Annecy s’enfonce comme un coin dans les états sardes dont la frontière passe à 20 km au nord et à 30 km à l’est de la ville. La population est divisée entre cocardes blanches (couleurs royalistes françaises) et cocardes bleues (couleurs savoyardes).

Le maire d’Annecy-le-Vieux est alors le jeune Jean-Louis Ruphy, fils de l’architecte annécien, gros acheteur de biens nationaux notamment dans la commune. Favorable aux Français, il a commis quelques maladresses : il est arrivé à une séance du Conseil municipal armé de deux pistolets ;il a voulu faire réparer par les habitants d’Annecy-le-Vieux la route de Nâves où réside sa famille. Il en conflit ouvert avec son adjoint Duparc qui le dénonce comme « napoléonien » et « robespierriste ».

Le dimanche 10 juillet, à Annecy-le-Vieux, des jeunes gens parés de cocardes bleues profèrent des cris hostiles à la France, au maire et aux acquéreurs de biens nationaux. Le 17, des manifestants, parmi lesquels des soldats démobilisés, descendent sur Annecy d’où la police les renvoie. Ils se plaindront d’avoir été « bastonnés ». A leur retour, un peu éméchés, ils jettent une pierre sur la maison des douaniers qui est endommagée.

L’affaire en soi est minime mais le maire s’affole : le 18 juillet, il proclame l’état de siège et fait venir vingt-cinq garnisaires. Dans sa hâte, il omet de solliciter l’autorisation préfectorale. Cette mesure suscite de vigoureuses protestations qui iront jusque sur le bureau du Ministre de l’Intérieur à Paris. Les autorités sont embarrassées par cette affaire dans laquelle les torts semblent partagés. Elles craignent que l’agitation ne s’étende à Annecy. Entre temps, François Ruphy, oncle du maire d’Annecy-le-Vieux, a été nommé sous-préfet d’Annecy. Une solution diplomatique s’impose ; elle interviendra en janvier 1815, le préfet étant « autorisé à inviter Jean-Louis Ruphy à démissionner » .

L’affaire d’Annecy-le-Vieux n’empêchera pas la famille Ruphy de jouer un rôle important dans la commune sous la Restauration sarde.