Etude sur l'histoire d'Annecy-le-Vieux

... à celles et à ceux qui ont animé ce terroir depuis cinquante siècles
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Avant-propos
Une gageure ?
1 - La terre et les hommes
2 - De la préhistoire à la naissance d'ALV
3 - La paroisse et ses édifices religieux
4 - Un moyen-âge obscur et difficile
5 - 17e et 18e siècle
6 - La Révolution et l'Empire
6.1 - Les échos des troubles de 1793
6.2 - Etat d'esprit dans la commune
6.3 - Questions religieuses
6.4 - La vente des biens nationaux
6.5 - Le poids des guerres
6.6 - La population au début du 19ème
6.7 - La situation économique et sociale
6.8 - L'affaire d'Annecy-le-Vieux
7 - La Restauration Sarde
Glossaire des termes disparus
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6.2 - L’état d’esprit dans la commune
 
La population d’Annecy-le-Vieux paraît très sensible aux dégâts commis sur le territoire de la commune par des soldats républicains. En juin 1793, après la révolte de Thônes, des troupes campent à Annecy-le-Vieux. La commune se plaint qu’elles aient endommagé les prés de Joseph Beurdet, aux Iles, en y faisant des trous pour loger des tentes et des marmites. En l’an VIII, le maire, Philippe Dumaret demande au sous-préfet de faire réprimer la maraude et le désordre occasionné journellement par les soldats. L’année suivante, la commune se plaint que la troupe stationnée à Annecy se répande par bandes dans la campagne et vole pommes de terre et légumes, « désordre d’autant plus funeste qu’il règne une abominable misère dans la commune ».

« Quels temps, quels mœurs ! » note en latin le secrétaire de la commune. Dans le même esprit, le maire, Philippe Dumaret, développe le thème du malheur des temps dans un rapport au préfet en date du 1er frimaire an XI (novembre 1801) :
« Il n’y a plus de mœurs, plus de bonne foi, plus de ces sentiments qui honorent nos pères ». L’habitant de la campagne, autrefois la probité même, a été depuis plusieurs années « privé des instructions salutaires qui le guidaient dans les voies de la vertu ». Il a « tellement oublié les principes de moralité, base du bien social, qu’aujourd’hui il ne se fait aucun scrupule de rapiner, de donner dans l’intempérance, de laisser sa famille manquer du nécessaire et, pire encore, d’élever ses enfants dans ces principes affreux d’immoralité ». Et le maire conclut : Voilà en peu de mots les malheurs du jour. Quelle en sera la suite si le gouvernement n’oppose une prompte barrière à l’éruption infecte de l’immoralité et à la dépravation du cœur humain ».

Dans ce texte ampoulé, l’arrière-pensée politique paraît évidente.

Les autorités, aux divers niveaux, menacent souvent les délinquants de l’envoi de « garnisaires », militaires mis en pension ou « garnison » chez un particulier à titre de sanction. Le district d’Annecy en menace des conseillers municipaux d’Annecy-le-Vieux si la commune ne livre pas les réquisitions de froment ; le Conseil en menace les habitants qui cachent des prêtres réfractaires ou qui refusent de participer aux réparations des chemins. En 1806, Annecy-le-Vieux compte le nombre impressionnant de cent-vingt-cinq journées de garnisaires. La présence physique de ces derniers sera, semble-t-il, remplacée par une amende payée par la commune qui se rembourse sur les familles des délinquants.